18.03.2008

Les deux seuls genres en politique

Lu sur Agora Vox

Ça ne vous aura pas échappé, à l’occasion des municipales 2008 nous avons assisté à une première en politique : en effet pour la première fois dans une élection française une force politique importante, le MoDem, n’a pas répondu aux schémas classiques d’alliances exclusives. Que ce soit dans ses alliances protéiformes - MoDem-PS, MoDem-UMP, MoDem-PS-PC, MoDem-PC, etc. - que dans ses choix d’autonomie justement en rupture au regard des stratégies ordinaires d’alliance avec l’un ou l’autre des deux courants idéologiques du paysage politique, à savoir la gauche ou la droite. Bayrou nous avait déjà fait le coup du « ni-ni », mais là on est plutôt dans le « ni-ni-et-et ». De quoi rendre un positionnement totalement incompréhensible et bien que les enjeux des municipales soient avant tout locaux, au plan national ça donne soit l’impression d’un machin politicien et opportuniste (pléonasme ?), qui cherche seulement à monnayer son petit capital de voix contre un maximum de sièges, soit d’un club de revanchards ayant perdu leur place ailleurs ou n’ayant jamais pu l’obtenir. Voilà en surface l’impression que ça peut donner. Mais au moins cette originalité a eu le mérite de faire apparaître un nouveau genre en politique, ouvert au dialogue à toutes les sensibilités ou refusant d’adhérer à une pensée lobbyiste. Car voilà finalement les deux seuls genres en politique : être démocrate ou faire du lobbying.

Commençons par le second genre, le seul finalement que nous ayons connu jusqu’ici : le lobbying. Qu’on ne s’y trompe pas, la gauche et la droite sont des dogmes lobbyistes qu’on pourrait vulgariser ainsi : d’un côté le lobby collectiviste de ceux qui n’ont pas les moyens de faire évoluer seuls leur condition (pas forcément les plus désœuvrés), de l’autre le lobby capitaliste de ceux qui ne souhaitent pas partager le fruit de leur labeur. Bien sûr à des degrés différents et dans un idéal plus ou moins radical. Plus largement, il existe de très nombreux lobbys, également présents dans le débat politique : les lobbys religieux, les lobbys syndicalistes, les lobbys indépendantistes, etc. Le principe du lobbying est simple : on attend de son combat partisan une victoire pour mieux servir son idéal et bien entendu ses intérêts individuels ou corporatistes, par exemple « si je vote pour la droite je payerai moins d’impôts ». L’activation d’un militantisme ou d’une sympathie lobbyiste peut se trouver également motivée par la volonté de combattre un lobbying antagoniste et d’en atténuer ainsi les effets : par exemple une frange non négligeable d’électeurs alterne un vote de gauche et de droite selon que la situation leur paraît plus à l’avantage des collectivistes ou des capitalistes, provoquant ainsi les nombreuses alternances gauche-droite au pouvoir. Le lobbying trouve souvent son origine dans la condition sociale, mais également dans l’éducation, dans son réseau ou dans l’extrapolation médiatique de certaines problématiques par exemple. En politique, le lobbying aboutit généralement à de l’immobilisme ou du réformisme sclérosant : en effet, lorsque les intérêts d’un individu ou d’un groupe d’individu sont menacés, le lobbying s’active soit par la grève, les manifestations, le vote sanction, etc. Du coup, le pouvoir est souvent contraint d’abandonner un projet de réforme ou de l’accompagner de mesures d’équilibrage qui annulent souvent le bénéfice général de ladite réforme. Bref, on n’avance pas beaucoup avec ce premier genre en politique qui, rappelons-le, est le seul genre que nous avons connu jusqu’ici et qui entretient un conservatisme de petit progrès, les promesses de grandes réformes aboutissant généralement à un pétard mouillé voire à une régression collective. Or, le monde connaît une évolution de plus en plus rapide et menaçante pour les équilibres fondamentaux, celui de l’environnement en premier chef. Donc, il paraît de plus en plus irresponsable car fatal de s’inscrire dans cette démarche de pensée lobbyiste dans laquelle on s’enlise sans inverser l’évolution négative et massive de la société. On savait le lobbying souvent utopique, mais le conservatisme qui en accepte le jeu l’est tout autant.

Or, il existe un nouveau genre en politique, celui précisément de François Bayrou et du Mouvement Démocrate. Bien que l’illustration n’ait peut-être pas été très claire jusqu’ici... Ce nouveau genre est pourtant simple : il s’agit d’être démocrate. Vous allez me dire : « mais nous sommes tous démocrates ! ». Pas exactement, car pour être réellement démocrate il s’agit de lutter contre tous les lobbys, y compris le lobby de sa propre pensée. Etre démocrate, c’est considérer le peuple et son évolution dans son ensemble, dans l’intérêt général, donc en faisant abstraction de ses propres idéaux personnels sur des sujets précis et bien entendu de ses propres intérêts individuels. Plus compliqué déjà. Mais pas en faisant abstraction de ses connaissances et de son expérience, surtout pas, car être démocrate c’est accepter le dialogue et y contribuer du mieux possible, en apportant des arguments objectifs, des éclairages empiriques, des raisonnements logiques. Le démocrate ne se pose pas la question de savoir si une solution est plutôt de gauche ou de droite, plutôt comme ci ou comme ça, il se demande simplement s’il s’agit d’une bonne solution et surtout de la meilleure. Et méfiez-vous des renards à plumes ! Car beaucoup se revendiquent de l’ouverture, de l’humanisme, etc. En réalité, dès que vous abordez un sujet précis qui touche le lobbying persistant de leur propre pensée, ceux-là mêmes qui se disent démocrates ferment rapidement la discussion. A l’aide d’exagérations fantasmagoriques - « on va tous finir comme ci ou comme ça », de références littéraires ou cinématographiques - Bienvenue à Gattaca, 1984, etc., d’illustres et funestes références historiques comme le nazisme ou les révolutions communistes - principe du point Godwin, ou bien en s’appuyant sur de fausses données scientifiques. Dès lors, le ton monte, le dialogue tourne court et le lobbying triomphe. Pas facile d’envisager qu’une mesure démocratique ne soit pas à leur avantage personnel ou à celui de leur corporation. Pourtant, il en va de la survie collective et au regard de la gravité des bouleversements actuels, il faudra bien accepter le dialogue et l’ouverture d’esprit, pour le bien de tous et non plus seulement de sa propre personne. Sinon, par la force des choses sur lesquelles nous n’agissons plus, nous y perdrons tous chacun notre tour et au final dans notre ensemble.

La démonstration politicienne du MoDem aux municipales aurait certainement mérité une meilleure explication au préalable, voilà qui est fait. Maintenant, à l’heure où 90 % des électeurs se portent encore vers un genre lobbyiste, le développement du vote démocrate serait une véritable révolution, une révolution démocrate.

17.03.2008

Comment compenser l'absence de representants du Centre à BMO?

Les résultats des élections dans l'agglomeration brestoise font qu'il n'y aura pas de représentants du Centre au Conseil de Communauté urbaine. le Modem n'aura en effet aucun élu à BMO. Le modem doit se retrouver cette semaine pour évoquer la situation et voir de quelle façon, il va pouvoir compenser cette absence qui fait qu'une tranche importante de la population qui est maintenant exclue des choix politiques de l'agglomération a expliqué ce matin Emmanuel Morucci, élu à Guipavas.

Deux élus Modem à Guipavas

le Modem compte désormais deux élus au Conseil municipal de Guipavas. il s'agit de Catherine Guyader et Emmanuel Morucci. Ils sont élus sur la liste conduite par Michel Kerjean (Divers gauche) Guipavas Arc en Ciel.

Avec 17% Le Modem s'inscrit dans le paysage politique à Guipavas et dans l'agglomeration brestoise

Le deuxieme tour des éléctions municipales a porté la liste conduite par A. Queffelec à la maire. Le PS va maintenant gérer la ville et organiser le lien avec Brest Métropole océane tel qu'il l'a annoncé dans son programme. C'est le choix des Guipavasiens qui souhaitaient un vrai changement dans cette ville. Ils ont été près de 66% a refuser de valider le bilan du maire sortant Henri Paillier et à rejeter le programme de son successeur Jean Habasque. Ceux qui n'étaient pas encore convaincus ont pu mesurer le ton et l'esprit de cette liste lors du discours de Habasque à l'occasion de la proclamation des résultats à l'Alizé.

Une seconde remarque est que la liste Queffelec si elle remporte la majorité des sièges au conseil municipal n'obtient pas la majorité des voix avec 47, 84%. Elle n'atteint pas les 50%. Le parti socialsite devra s'en souvenir au moment de prendre ses décisions.

En ce qui concerne la liste Arc en Ciel, à l'analyse des résultats, il apparait que la perte de voix au second tour concerne essentiellement les électeurs de gauche qui est rentrée au bercail "afin de ne pas prendre de risque". Le basculement est net et les voix prises par Monsieur Queffelec sont celles perdues par Michel Kerjean.

Les voix du centre sont restées, quand à elles, fidèles et stables et représentent aujourd'hui plus de 17% à Guipavas. Ce qui inscrit durablement le Modem dans cette ville et dans l'agglomeration brestoise. il faudra désormais compter avec ce parti politique nouveau.

La liste Arc en ciel place 3 élus au conseil municipal : Michel Kerjean (Divers gauche), Catherine Guyader (Modem) et Emmanuel Morucci (Modem). Les trois élus seront membres de la minorité mais ne pratiqueront pas une opposition systematique. Ils seront par contre extrement vigilants sur les choix opérés et conformément à leur programme il chercheront le bien commun et le respect de la personne dans le développement durable de Guipavas et de Brest métropole océane. ils feront entendre leur voix.

dans cet esprit, la liste Arc en ciel poursuivra sa vie sous la forme associative et sera dès aujourd"hui présente dans les différents quartiers de Guipavas. L'association appuiera ses élus dans leur prise de decision.